Arturia Keystep MK2 : la vraie évolution du clavier MIDI culte ?

Will Sifasile

Will Sifasile

Publié le 6 janvier 2026 6/1/269 min.
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📌 Ce qu’il faut retenir

  • Le Keystep MK2 est une véritable refonte du célèbre clavier/séquenceur d’Arturia.
  • Un écran LED bienvenu qui change tout au niveau du workflow, avec un contrôle direct sans passer par un logiciel externe.
  • Un séquenceur décuplé en puissance, avec plus de patterns, plus de nuances, et plus de surprises.

Mon barbuck, faut qu’on se parle deux minutes. Ça fait bientôt dix piges qu’Arturia a sorti le premier Keystep, et on va pas se mentir : ce clavier midi, c’est une légende. Tu le vois partout. Dans les vidéos YouTube, dans les lives, dans les home studios, posé entre deux synthés ou branché sur un modulaire qui coûte un rein. Le Keystep, c’est le couteau suisse du musicien hardware.

Et ce succès, il ne vient pas de nulle part. Le Keystep s’est imposé parce qu’il a répondu à un vrai besoin : celui de pouvoir piloter facilement du hardware sans transformer son setup en usine à gaz. Pas besoin de réfléchir pendant trois heures, tu branches, tu joues, tu séquences, point.

  • Un format compact, facile à intégrer même sur un petit bureau
  • Une approche instrument plutôt que contrôleur passif
  • Une passerelle naturelle entre DAW, synthés et modulaire

32 touches, aftertouch, arpégiateur, séquenceur, MIDI, CV… À l’époque, Arturia a mis tout le monde d’accord. Et forcément, quand un produit devient culte, faire une V2, c’est ultra dangereux. Soit tu touches à rien et tout le monde dit que c’est une arnaque, soit tu changes trop de trucs et tu te fais allumer par les puristes.

Et honnêtement, avant de mettre les mains dessus, j’avais un peu la trouille. Je me suis dit : « Ok, ils vont nous faire un Keystep 1.5, un nouveau coloris, deux-trois ajustements, et basta. » Spoiler alert : pas du tout. Le Keystep MK2, c’est un vrai MK2. Et ça, c’est suffisamment rare pour être souligné.

Le workflow : là où Arturia a tout compris

On attaque direct par le nerf de la guerre : le workflow. Parce que des features, on s’en fout un peu si derrière c’est pénible à utiliser. Et justement, le Keystep MK2 corrige LE plus gros défaut du MK1 : l’absence d’écran.

Sur l’ancien, soyons honnêtes, tu faisais beaucoup de choses à l’aveugle. Tu appuyais sur des combinaisons de touches, tu croisais les doigts, puis tu jouais une note pour voir si ça avait marché. Là, Arturia a ajouté un petit écran LED. Il est pas immense, mais il affiche exactement ce qu’il faut, quand il faut.

Et cet écran change absolument tout. Tu comprends instantanément ce que tu fais. Tu navigues dans les menus sans te poser de questions. Et surtout, tu peux te passer du MIDI Control Center. J’adore ce logiciel, il m’a sauvé la vie plus d’une fois, mais soyons clairs : ça casse le flow. Là, tout se fait depuis le clavier. Et ça, c’est du pain béni.

  • Moins de manipulations à mémoriser
  • Une meilleure lisibilité des actions en cours
  • Un rapport direct entre ce que tu vois et ce que tu entends

Autre gros changement : fini les quatre petits encodeurs. À la place, t’as un seul gros encodeur central cliquable. Navigation, réglages, validation : tout passe par lui. Et comme t’as un écran, ça marche nickel. Ajoute à ça une sérigraphie bleue ultra lisible pour toutes les fonctions Shift, et t’as un clavier qui se prend en main en cinq minutes.

Bilan ? Ergonomie 10/10. Sans débat.

Le CV : le terrain de jeu des fous furieux

Le Keystep a toujours été fort en CV, mais avec le MK2, Arturia a clairement passé la seconde. Et attention, on parle pas de MIDI déguisé. Le CV, c’est de la tension électrique. Du vrai. Du sale. Du vivant.

  • Sortie CV Pitch
  • Sortie CV Gate
  • Deux sorties CV Modulation
  • Clock In / Clock Out

Les deux sorties de modulation, c’est pas un détail. Ça veut dire que tu peux faire évoluer plusieurs paramètres en même temps sur un synthé analogique ou modulaire. Et plus tu creuses, plus tu te rends compte que le Keystep MK2 ne sert pas juste à jouer des notes, mais à faire respirer ton son.

📌 Bon à savoir 🤓
Le CV (Control Voltage) ne transmet pas des messages numériques comme le MIDI, mais une tension électrique continue. Résultat : une interaction directe, organique, parfaite pour l’analogique et le modulaire.

Le séquenceur : le cerveau du Keystep MK2

On arrive au gros morceau. Le séquenceur. Et là, mon barbuck, Arturia a envoyé la boîte et les clous.

Déjà, niveau capacité : 4 banques de 16 patterns. Soit 64 patterns au total. Et chaque pattern peut aller jusqu’à 64 pas. Mais le vrai kiff, c’est que tu peux les chaîner dans n’importe quel ordre. Et ça, ça change complètement la manière de composer avec une seule machine.

  • Création de structures longues sans DAW
  • Variation progressive sans couper la lecture
  • Idéal pour le live et l’improvisation

Ensuite, t’as les fonctions qui rendent tout ça vivant : Gate, Spice et Mutate. Et c’est là que le Keystep MK2 devient vraiment un instrument créatif, pas juste un séquenceur qui tourne en boucle.

Gate et Spice : le groove en temps réel

Le Gate, c’est la durée des notes. Plus c’est court, plus c’est percussif. Plus c’est long, plus c’est lié. Rien de nouveau… sauf que là, tu peux le moduler en direct avec la molette, et ça transforme immédiatement le groove.

Le Spice, lui, apporte cette petite dose d’imprévu. Micro-variations de timing, de vélocité, de durée… C’est jamais complètement random, mais c’est jamais totalement figé non plus. Et pour moi, c’est exactement ce qui fait la différence entre une séquence froide et une séquence qui vit.

Mutate : le chaos sous contrôle

Le bouton Mutate, c’est presque le cœur du Keystep MK2. Tu appuies, et ta séquence commence à évoluer. Plus tu restes appuyé, plus elle se transforme. Et comme tout est progressif, t’as toujours l’impression de garder la main sur ce qui se passe.

Et si tu actives le mode Scale, le Mutate reste dans la gamme choisie. Résultat : c’est le bordel, mais musical. Et ça, c’est extrêmement satisfaisant à l’usage.

📌 Pro tips 🧠
Combine Mutate + Scale + Spice sur des patterns chaînés pour générer des variations longues sans jamais casser la cohérence musicale.

Arpégiateur et enregistrement : la cerise sur le gâteau

L’arpégiateur fonctionne sur la même logique que le séquenceur. Tu joues un accord, le Keystep le transforme en mouvement. Et le vrai coup de génie, c’est de pouvoir transformer cet arpège en séquence, à la volée, sans interrompre ton idée.

Côté enregistrement, t’as tout ce qu’il faut : pas à pas, en temps réel, quantifié ou non. Oui, tu peux désactiver la quantification. Et pour ceux qui aiment le groove un peu bancal, un peu humain, c’est une bénédiction.

Ce qui fâche (un peu)

Bon, on va arrêter de cirer les pompes deux minutes.

Le câble USB-C vers USB-A

Arturia, je vous aime, mais pourquoi mettre un câble USB-C vers USB-A dans la boîte en 2026 ? J’en ai déjà une caisse entière à la maison. Celui-là, il va probablement rester dans le carton.

Le châssis en plastique

Oui, c’est du plastique. Oui, le MK1 était en métal. Mais le MK2 est au même prix. Et à un moment, faut être cohérent : soit tu veux un tarif contenu, soit tu veux du métal, mais tu peux pas tout avoir.

📌 Astuce 💡
Pour le live ou les transports fréquents, une housse rigide suffit largement à sécuriser le Keystep MK2.

Verdict final

On va parler français cinq minutes : le Keystep MK2 est une réussite totale. Arturia a réussi un truc extrêmement compliqué : donner une suite crédible à un produit culte.

Si t’as pas de synthé hardware, passe ton chemin. Mais si t’as un, deux, ou dix synthés qui traînent chez toi, qu’ils soient analogiques, numériques ou modulaires, le Keystep MK2 devient presque indispensable.

Le synthé est le meilleur ami de l’homme. Et le Keystep MK2 est le meilleur ami du synthé.

Mon barbuck, si cette machine te fait de l’œil, tu sais ce qu’il te reste à faire. Moi, je te fais des bisous, et je te dis ciao.

Écrit par

Will Sifasile

Will Sifasile

Expert Studio, Formateur MAO