Le kas kas, également connu sous le nom de Televi, s'inscrit dans la grande famille des petites percussions d'Afrique de l'Ouest conçues pour porter le rythme au plus près du corps. Dans de nombreux contextes traditionnels comme modernes, ce type d'instrument sert à soutenir la pulsation, à dialoguer avec les tambours et à densifier le tissu rythmique sans l'alourdir. Sur une gamme de percussions, il se positionne comme un instrument d'appoint essentiel : simple en apparence, mais étonnamment riche dès qu'on explore ses possibilités de jeu et de placement.
Le kas kas s'adresse à un large public : débutants qui veulent développer leur sens du tempo et de la coordination, musiciens intermédiaires en quête de nouveaux motifs, et percussionnistes avancés qui souhaitent travailler la précision des accents et des polyrythmies. Il trouve sa place dans les musiques d'Afrique de l'Ouest, bien sûr, mais aussi dans l'afrobeat, le funk, le reggae, la pop acoustique, les musiques du monde, la musique méditative, ou toute situation où l'on veut une pulsation vivante et articulée. En atelier pédagogique, c'est aussi un excellent support pour aborder la notion de " call and response " et le placement rythmique.
Le principe de jeu est aussi intuitif qu'efficace : en balançant les deux balles autour de la main, on provoque des impacts réguliers qui génèrent un son percussif net, tout en conservant une composante de grain proche d'un shaker. En jouant sur l'ouverture de la main, la tension de la prise et la trajectoire (plus serrée ou plus large), on peut passer d'un jeu discret, presque chuchoté, à un jeu très présent et claquant. Le kas kas est particulièrement intéressant pour travailler la stabilité du tempo : il " révèle " immédiatement les micro-variations, ce qui en fait un outil redoutable pour gagner en régularité et en propreté rythmique.
En pratique, il permet de créer des patterns continus (type ostinato), d'ajouter des accents sur certains temps, ou encore de simuler des effets de roulement en alternant vitesse et relâchement. C'est un instrument qui encourage l'exploration : un même mouvement peut produire des sensations sonores différentes selon l'intention, le placement et la dynamique. Pour un musicien qui accompagne un chant, une guitare ou une kora, c'est une façon très naturelle de " faire vivre " la pulsation sans envahir l'espace.
La signature sonore du kas kas repose sur deux composantes complémentaires. D'un côté, le claquement : un impact court, précis, qui se place facilement dans le mix et aide à " verrouiller " la pulsation. De l'autre, la texture shaker : un grain plus diffus qui remplit les silences et donne une sensation de mouvement continu. Cette dualité permet d'obtenir un résultat à la fois rythmique et textural, très utile pour épaissir un accompagnement sans multiplier les instruments.
La couleur finale dépend beaucoup du geste : une rotation régulière donnera un flux homogène, tandis que des variations d'amplitude apporteront des accents plus marqués et un phrasé plus " parlé ". En contexte acoustique, le kas kas apporte de la présence sans agressivité ; en contexte amplifié, il peut servir de couche de groove fine, comparable à un shaker, mais avec une articulation plus nette sur les attaques. C'est un instrument particulièrement efficace quand on cherche une percussion compacte, expressive et précise.