Avec " L'Eclair ", Hugues Dufourt propose une partition où la littérature devient matière musicale. Le point de départ est le texte de Rimbaud (1873), écrit après la rupture avec Verlaine : un monde intérieur traversé par le doute, le sarcasme, la révolte et la lucidité, comme une lumière grondante qui éclate puis se consume. Cette tension poétique irrigue l'écriture, faite d'explosions, de revirements et d'un cheminement qui se resserre jusqu'à un silence final volontairement " anormal ".
La formation réunit deux pianos et deux percussions dans un dispositif à la fois massif et extrêmement détaillé. Les pianos portent une virtuosité heurtée, secouée de soubresauts, parfois repliée sur elle-même, mais toujours entraînée par une logique d'enchevêtrements. Les percussions, quant à elles, se consacrent aux métaux : jaillissements, tranchants, bruits d'entaille et résonances construites comme un paysage de matières. Le langage harmonique s'appuie sur des spectres de métaux, donnant à la progression un relief timbral et une cohérence interne très marquée.
Commande de Berlin PianoPercussion, cette oeuvre a bénéficié du soutien de la Ernst von Siemens Musikstiftung et du Fonds franco-allemand pour la musique contemporaine / Impuls neue Musik. Elle a été créée à Berlin lors du festival Maerzmuzik (Philharmonie) le 19 mars 2014, puis enregistrée le même jour par Berlin PianoPercussion, offrant un repère précieux pour aborder cette partition exigeante et profondément expressive.