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L'histoire de Orange Amps

Tout commence par un acte de rébellion dans le Londres psychédélique de 1968. Cliff Cooper, jeune passionné de musique, ouvre sa boutique sur New Compton Street, mais se heurte rapidement au mépris des grands fabricants, qui refusent de lui fournir leurs amplis. Plutôt que de baisser le rideau, il choisit de créer sa propre voie : il conçoit son propre matériel et, pour imposer sa présence sur les scènes obscures du Swinging London, recouvre ses baffles d'un vinyle orange éclatant. Ce qui n'était au départ qu'une ruse pour se démarquer du noir austère de la concurrence devient, en quelques mois, la signature visuelle du « gros son » britannique.

Mais l'identité d'Orange ne s'arrête pas à sa couleur. En 1972, la marque frappe un grand coup avec ses façades « Pics Only » : les potentiomètres y abandonnent toute indication textuelle au profit de hiéroglyphes énigmatiques. Ce langage universel, associé à un grain sonore unique : épais, riche en bas-médiums, intensément organique, séduit immédiatement des figures majeures comme Peter Green (Fleetwood Mac) ou Tony Iommi (Black Sabbath). Orange cesse alors d'être un simple ampli : il devient un véritable mur de son, emblématique de toute une époque.

Après une période plus difficile dans les années 80, la marque opère un retour remarqué à la fin des années 90 en renouant avec sa philosophie originelle : puissance brute et identité forte. Portée par la vague Britpop et des groupes comme Oasis, qui remettent l'orange sous les projecteurs, elle prépare une nouvelle révolution. En 2006, sous l'impulsion du designer Adrian Emsley, Orange dévoile le Tiny Terror. Ce petit ampli de 15 watts, logé dans un boîtier compact, bouleverse les standards en prouvant qu'une saturation à lampes de qualité professionnelle peut tenir dans un format minimaliste et se contrôler avec seulement trois boutons.

En popularisant le concept d'ampli « lunchbox », Orange séduit une nouvelle génération d'artistes, de Slipknot à Mastodon, démontrant qu'en rock, la longévité appartient à ceux qui savent rester radicaux. C'est cette alliance entre l'audace visuelle de Cliff Cooper et l'efficacité brute de ses circuits qui a transformé un modeste sous-sol londonien en une marque iconique, respectée dans le monde entier. Aujourd'hui, poser un ampli Orange sur scène, c'est revendiquer une certaine idée du son : celle du caractère, de la singularité, et d'une authenticité sans compromis.

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